Tant de siècles et pas un souvenir

In a bright, colorful surrealist scene, decontextualized metal and plastic objects, charged with childhood reminiscences, take the place of absent bodies, like modern relics. They seem to come alive, taking part in an enigmatic staging, actors in a construction site without beginning or end, as if fixed in a loop.

So many centuries and not a single memory evokes the progressive substitution of artifacts for the living in our contemporary world. The living only emerges in the form of distant evocations, and the strangeness of the scene unfolds in an oscillation between anguish and hope.
Through the threads of Davidovici and Ctiborsky, all figuration is strangely present and tactile, surfaces and light alike. Their embroidery establishes a metaphysical equivalence between the body and its simulacrum, the divine and the profane, memory and oblivion. In the world they draw, saturated with materiality, a quest for transcendence emerges through the countless meticulous gestures of embroidery, charged with slowness and almost forgotten themselves. The living world slips away, but the gesture persists.

Fr _____________________________________________________________________

Dans une scène surréaliste, éclatante et colorée, des objets métalliques et plastiques, décontextualisés et chargés de réminiscences enfantines, se substituent à des corps absents, comme des reliques modernes. Ils semblent s’animer, prendre part à une énigmatique mise en scène, acteurs d’un chantier sans début ni fin, comme fixé dans une boucle.

Tant de siècles et pas un souvenir évoque la substitution progressive du vivant par des artefacts dans notre monde contemporain. Le vivant n’émerge plus que sous forme de lointaines évocations, l’étrangeté de la scène se déploie dans une oscillation entre angoisse et espoir.
À travers les fils de Davidovici et Ctiborsky, toute figuration est étrangement présente et tactile, les surfaces comme la lumière. Leur broderie établit une équivalence métaphysique entre le corps et son simulacre, le divin et le profane, la mémoire et l’oubli. Dans le monde qu’ils dessinent, saturé de matérialité, une quête de transcendance s’esquisse à travers les innombrables gestes minutieux de la broderie, chargés de lenteur et presque oubliés eux-mêmes. Le vivant s’y dérobe, mais le geste persiste.

Tant de siècles et pas un souvenir - 45x55cm - Cotton threads on cotton - hand embroidery